Pavlina vit au milieu d’une tribu de garçons. Elle aime le piano. Mais pour ne plus se laisser marcher sur les pieds elle choisit d’enfiler des gants de boxe, le temps de se faire sa place, le temps d’une victoire et puis… Je vous laisse découvrir la très belle et poétique fin de cet album. Une figure féminine riche et complexe, belle, forte et fragile à la fois : humaine quoi !

Je me questionne depuis un moment autour des débats innombrables qui ont lieu autour des figures féminines dans la littérature de jeunesse, et de la question de l’égalité garçons-filles dans ce que nous donnons à lire à nos enfants. Mais en fait si je me réfère à ma propre éducation littéraire, à ce que je lisais quand j’étais enfant et adolescente, je me rends compte que cette question ne se posait pas de manière aussi systématique et pourtant je ne pense pas que ma génération soit une génération sexiste. Mais je vis sans doute dans une bulle ! Que le héros soit une fille ou un garçon : peu importe pour celui qui lit. Justement, la littérature est le seul moyen le temps d’une lecture d’être autre, fille, garçon, adulte, enfant, adolescent, extra-terrestre, animal, voix… tout est possible. Alors voilà je me demande : la question du genre est-elle une question déterminante en littérature ? Faire de l’éducation civique est-il la priorité du parent qui lit des livres à ses zoizillons ? Autant il me paraît indispensable de montrer que les droits des enfants devraient être les mêmes partout dans le monde notamment dans les pays où naître fille pose vraiment encore problème autant j’ai l’impression que pour des enfants de la génération de mon Petit-Pilote-de-Balançoire lui raconter les vieux préjugés sexistes à travers des albums -souvent de très grande qualité au demeurant- c’est souligner des différences dont il n’a pas conscience et qu’il dépasse naturellement peut-être parce que papa porte son petit frère en porte-bébé autant que maman, que l’aspirateur et le fer à repasser sont des outils de torture que manient aussi bien père et mère (même si par contre tondeuse et perceuse sont réservés chez nous à la gent masculine, mea culpa !) et que maman gagne autant que ses collègues masculins (mais je sais bien que ce n’est pas partout pareil) !

En bref :

Brindille, Rémi Courgeon, Milan Jeunesse, 16.90 €.

Cet article est ma 8e/10 participation au Challenge « je lis aussi des albums en 2014 »

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