Je viens de terminer la lecture du roman dystopique Boys out de la jeune auteure Rawia Arroum (19 ans ! C’est formidable de se lancer dans un texte pareil à cet âge là !) Une lecture qui n’a cessé de m’interroger : d’abord choquée, puis inquiète,enthousiaste, nerveuse, déçue, je crois que je suis passée par un certain nombre d’émotions au fil des pages !

Voilà une société dans laquelle les hommes sont interdits, oui, oui, oui, dans ce monde ce sont les femmes qui gouvernent, telles des amazones, elles ont imaginé un monde d’où elles ont éradiqué les hommes. Les rebelles masculins qui subsistent n’ont qu’une seule utilité : la procréation. Et encore si et seulement si de l’union d’une femme et d’un rebelle naît une fille.

Cet univers nous le découvrons à travers les yeux d’une jeune adolescente, Lyra, qui à l’approche de ses 18 ans, va devoir passer l’ultime étape initiatique c’est-à-dire avoir un enfant, une fille, avec un des mâles prisonniers de la Structure, enfant qu’elle devra éduquer seule selon les principes du gouvernement des soeurs Diva, dans l’exacerbation de la féminité (on ne porte pas de pantalon dans ce monde, on ne peut se couper les cheveux au dessus des épaules, et le culte du corps est au coeur des activités du Camps où les adolescentes sont formées).

Mais Lyra au cours de ce rite initiatique, qui n’a rien d’anodin, va découvrir que les préceptes de la société dans laquelle elle vit ne sont peut-être pas les meilleurs et qu’un autre monde est possible.

Voilà un récit contre utopique qui commençait vraiment bien : un parti pris vraiment osé et terriblement d’actualité qui renversait bien des préjugés – un monde féministe, le rêve non ?!- une narratrice autonome, dynamique, femme et fière de l’être, engagée, volontaire ; une société aux règles bien établies, d’une violence scandaleuse mais implicite…Que d’ingrédients détonants pour nous inviter à repenser les relations hommes-femmes, et à redéfinir les revendications féministes.

Mais là dessus venir greffer une banale histoire d’amour, une histoire d’amour racontée sans subtilité, voire même avec de nombreux clichés sentimentalistes, quelle déception !  Notre héroïne en perd beaucoup de profondeur. Tomber amoureuse à la première rencontre d’un membre de l’espèce que l’on a appris à détester depuis sa plus tendre enfance, c’est un peu énorme non ? Avoir un enfant avec cet homme, vivre une idylle d’adolescent tout en devenant mère, c’est ce qui a creusé la distance entre ce livre et moi. Peut-être à cause de l’âge, peut-être à cause de mes maternités, mais je n’ai pas pu adhérer à cette histoire d’amour qui va complètement bouleverser la vie et la mentalité de Lyra en si peu de temps pour la conduire, presque passivement, à se rebeller contre le monde qu’elle a toujours connu. Je suis déçue que l’auteure ne soit pas aller jusqu’au bout de sa logique d’éradication, il me semble que les meilleurs dystopies sont celles qui ne pardonnent rien, celles qui affirment leur logique destructive pour d’autant plus nous montrer ce pour quoi nous devons nous battre…

Malgré tout je tire mon chapeau à l’auteure, c’est un roman construit, captivant qui pose des questions essentielles !

En bref :

Genre : Roman dystopique.

Âge : grand adolescent.

Thèmes : relations hommes – femmes, le sexisme, politique.

Date de publication : octobre 2014.

Editeur : Hachette livre, Black moon.

Prix : 16 €

Nb de pages : 319 p.

 

 

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