Quand je lis Le Bain d’Abel d’Audrey Poussier je me régale.

Et je me souviens.

Je me souviens qu’il n’y a pas si longtemps mon Grand-Pilote-de-Balançoire me demandait où allait l’eau qui s’échappait par le siphon de la baignoire une fois le bain terminé. Je me souviens que nous avions échafaudé ensemble des hypothèses, me surprenant à imaginer avec lui l’enchevêtrement des tuyauteries sous le plancher, dans les murs de notre maison, émerveillée moi-même de cette disparition presque magique de cette eau savonneuse par ce si petit trou jusqu’on ne savait où.

Je me souviens aussi que pour expliquer à mes élèves de 6e la nécessité de passer par le mythe pour les peuples de l’Antiquité s’émerveillant devant des phénomènes naturels mystérieux, j’avais repris l’exemple de l’enfant qui se questionne devant la disparition de l’eau du bain et qui invente sa propre explication, souvent farfelue certes, mais significative.

Alors quand je lis Le Bain d’Abel, je me régale. Parce que j’aime ce petit bébé qui s’interroge et qui passe non pas de l’autre côté du miroir mais de l’autre côté de la baignoire. J’aime son improbable voyage de tuyau en égout, de station d’épuration en ruisseau, de ruisseau en rivière, de rivière en fleuve, de fleuve en mer. Et j’aime toutes les rencontres qu’il fait au cours de son voyage.

J’aime le rythme de cet album, qui alterne des séquences de vignettes et des illustrations pleine page. J’aime le grand format de cet album. Et j’aime la fin si irrésistible  de cet album qui se prolonge jusque sur la 4e de couverture ! Un album qui parle vraiment bien de la curiosité propre à l’enfance, de son intrépidité, de cette aventure permanente qui se joue sous nos yeux dans les moments les plus quotidiens.

Et puis j’aime beaucoup cette maman qui prend son enfant comme il est alors qu’il revient de son voyage,  avec sa ribambelle de copains étranges et merveilleux sans se poser de question.

Juste le prendre comme il est.

Avec son imaginaire, sa créativité.

 

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