L’histoire commence dès la page de garde :

« papa construit de grands immeubles loin de chez nous. Il rentre à la maison une seule fois dans l’année : c’est au moment du nouvel an. »

La narratrice, une petite fille chinoise raconte ce jour si important où elle retrouve son père qu’elle n’a pas vu depuis 1 an. Elle raconte comment elle a du mal à le reconnaitre d’abord, elle raconte les cadeaux qu’il ramène avec lui, elle raconte les préparatifs pour la fête qui s’annonce. Et surtout elle nous raconte les boulettes de riz et la tradition chinoise de la pièce porte bonheur que l’on glisse à l’intérieur comme l’on glisse la fève dans la galette des rois.

A travers les magnifiques illustrations de Zhu Chengliang, nous découvrons une famille, unie, réunie, une famille courageuse, que la distance et le temps écoulé ne sépare pas, une  famille capable de profiter pleinement, généreusement, sereinement, de cet unique moment de retrouvailles. Les illustrations, qui occupent parfois la double page, vibrent sous les doigts. Le rouge domine, le rouge d’une passion profonde et précieuse, celle d’une petite fille pour sa famille, pour son père en particulier.

C’est un livre presque étrange pour un lecteur occidental, tellement il bouscule nos critères de réussite familiale, mais également notre vision du temps qui passe. Un livre qui nous interroge.  Sur la qualité de notre relation à nos enfants, sur notre engagement au travail, sur notre place dans la société, sur les traditions que nous transmettons, sur notre manière de participer à la vie de notre pays, sur ce que ce mot « patrie » peut encore signifier aujourd’hui. Et puis c’est un album qui se feuillette comme un livre d’art, tellement les peintures qui accompagnent le texte sont majestueuses.

En ce jour où une très grande partie de ma famille va être réunie de l’autre côté de la terre sur une île au doux nom de « Réunion », il me semble que parler d’un album intitulé Réunis prend encore plus de sens !

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