Cher futur lecteur de Ce matin de Junko Nakamura,

quand tu ouvriras ce livre, ébloui tu seras,

la lumière douce et crue tout à la fois

qui s’en échappera

d’un seul coup t’envahira !

Cet album publié avec soin sur un papier épais, que la pulpe des doigts aime à caresser, nous livre une histoire d’une simplicité lumineuse !

Un ours se réveille et commence sa journée dans la joie, l’enthousiasme et la SÉRÉNITÉ. C’est son petit chien au poil noir qui le réveille et qui inaugure cette belle journée par sa présence chaleureuse et amicale.

S’ensuit toute une série de petits gestes quotidiens :

le beurre sur les tartines,

l’eau dans la théière,

le petit « pom pom pom » chantonné pendant que l’eau s’échappe du robinet,

les vêtements que l’on passe sur sa peau pour un nouveau départ …

 Et puis cette page qui me fait profondément rêver où notre ami l’ours prépare son sac pour la journée : bouteille d’eau, victuailles et … un crayon et un carnet. Car notre ami l’ours est sans nul doute un poète, de ces poètes qui vagabondent à travers la nature pour épingler ici et là sur le papier les précieux instants ordinaires qui tissent chacune de nos journées. Voilà un ours qui sait regarder, écouter, respirer, apprécier chaque grain de soleil sur son pelage posé. Quand on referme le livre,  cher futur lecteur, sur les traces de cet ours humanisé on a terriblement envie de se lancer.

C’est un album qui chante le « carpe diem » épicurien à portée d’enfant, de tout petit enfant. Car le tout petit sait les reconnaître, lui aussi, « philosophe et poète » ces précieux instants qui font son quotidien. Et plus que tout évènement extraordinaire qui pourrait surgir dans sa journée, ce sont ces petits rituels qui jalonnent son temps si particulier, qu’il aime à retrouver.

J’aime le jaune de Junko Nakamura,il imprime sa chaleur sur la peau des paupières.

J’aime que chaque geste ordinaire soit ainsi étiré le temps d’une double page.

J’aime partager cette histoire avec mes enfants.

Et plus que tout, j’aime terminer ma lecture en leur disant :

« Partons voir le monde »

 

 

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