Cher futur lecteur de Quand Big Mama a créé le monde de Phyllis Root et Helen Oxenbury,

tu sais à quel point nous nous posons des questions, mes Petits-Pilotes et moi, et bien justement dernièrement on se demandait : « mais comment donc ce monde où nous vivons fut-il créé ? »

Et voilà qu’entre les rayonnages d’une bibliothèque, la réponse fut trouvée : cher futur lecteur sache que c’est BIG MAMA qui a créé le monde, son bébé sur la hanche, à grand coup d’envolées lyriques, de A à Z, elle a tout fabriqué ! Une femme, j’en étais sûre, c’est une femme qui a tout fait, et une maman qui plus est  !!! Depuis longtemps déjà j’en avais l’intuition. Ce livre n’a fait que confirmer ce que je pressentais.

Page après page, le lecteur découvre comment chaque élément du monde est apparu : l’eau, puis la lumière, puis le noir, puis le ciel et l’eau,  le soleil, la lune, les étoiles, la terre, la végétation, les animaux et puis, et puis pour tromper l’ennui, ces drôles de petites choses, grouillantes : les humains. Cela lui a pris 6 jours, à Big Mama, tout ce long et merveilleux travail. 6 jours pour créer le monde, pas mal non ? Le 7e jour, il était temps de laisser l’humanité se débrouiller, alors Big Mama s’en est allée se reposer.

Mais comme toutes les mères, même une fois les enfants envolés, elle continue de veiller.

Cet album, tu l’auras compris, cher futur lecteur, est une réécriture dynamique et enthousiasmante du poème de la création en 7 jours que l’on peut lire sur les premières pages de la Genèse, dans l’Ancien Testament. Une réécriture que je trouve particulièrement percutante et claire, qui ne trahit pas le texte d’origine, qui le rend même plus simple à comprendre pour de jeunes lecteurs et qui permet de s’interroger en toute légèreté sur l’origine du monde et bien évidement également sur l’existence de Dieu, sans pourtant jamais le nommer.

C’est toujours avec ravissement que je lis cet album à mes élèves de 6e quand je commence mon travail de lecture des textes bibliques, je le leur lis en amont, avant de lire le texte de la Genèse, pour qu’ils mesurent d’entrée de jeu combien les textes sacrés sont fondateurs pour comprendre notre culture et l’art qui s’en nourrit mais aussi pour partager avec eux les questions qui ont mené des hommes à écrire de telles histoires. Des questions qui sont toujours les leurs, les nôtres, les tiennes, cher futur lecteur, des siècles plus tard, et auxquelles nous ne devons pas nous priver de répondre malgré les tabous qui pèsent sur le religieux aujourd’hui.

Et cet album, pendant 7 soirs d’affilé, mes deux garçons me l’ont demandé … Universelle, cette Big Mama, je vous le dis, elle est UNIVERSELLE.

Ada, la collectionneuse de questions métaphysiques.

PS : Mon Grand-Pilote-de-Berceau n’a pu en rester là, à chaque lecture, il me posait des questions sur certaines incongruités de ce récit peu logique à ses yeux alors depuis nous sommes entrés dans une nouvelle ère des « Zhistoires-du-soir » : chaque jour nous lisons deux pages du très beau livre documentaire Le Beau livre de la terre, de la formation du système solaire à nos jours de Patrick De Wever avec la collaboration de Jean-François Buoncristiani. C’est souvent trop compliqué pour moi, mais lui a l’air de se nourrir de chaque seconde de ce voyage dans le temps.

  beau livre

 

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