Cher lecteur,

tu l’auras compris cette histoire de rentrée scolaire c’est un peu mon sujet de prédilection du moment.

Ben oui, j’avoue, j’ai toujours adoré les rentrées scolaires, le souffle de nouveautés, de potentialités qui les accompagnaient, parfois j’aimerais voyager dans le temps et revivre ce jour là très spécifiquement, et être à nouveau au centre du cérémonial qui le caractérise. Tiens, pour l’occasion je partage un texte d’Eric Emmanuel Schmitt découvert l’année dernière qui témoigne de ce vent nouveau que j’aimerais partager  :

« SEPTEMBRE OU L’OPTIMISME

Je n’ai jamais été l’un de ces enfants qui pleuraient sur le perron de l’école le jour de la rentrée, agrippés aux jambes de leur mère, suspectant je ne sais quel abandon. Tout au contraire, j’éprouvais une telle ivresse à l’idée de découvrir de nouveaux maîtres, de nouveaux camarades, de nouveaux cours – en un mot « un nouvel âge » – que, bien avant que nous arrivions à l’établissement, je sautais de la voiture familiale en criant « à ce soir » sans me retourner. Parfois, devant ces enfants sanglotants qui occupaient tous les adultes disponibles et qui devenaient l’objet de tous les soins, je me demandais d’ailleurs si je n’avais pas tort : peut-être étais-je dépourvu de cœur ? Ou d’à propos…
A la fin de mes études, j’ai craint un instant de ne plus connaître de « rentrées », mais devenant professeur, puis dramaturge, enfin romancier, j’abordais chaque fois d’autres rentrées, universitaires, théâtrales, littéraires.
Qu’est-ce qu’une rentrée ? La rentrée n’est pas la fin des vacances ni la reprise du travail, c’est surtout… une promesse… un rendez-vous amoureux… un désir qui va obtenir satisfaction… un projet qui donne envie d’exister… un mariage avec l’inconnu.
Sans rentrée, la vie ressemble à la mort. Qui – sincèrement – se souhaite le repos éternel ? Les vacances, il faut en cultiver la nostalgie, guère davantage.
J’aime cette idée que, annuellement, une vie différente nous attend. A quarante ans passés, je veux croire toujours que les deux mois de l’été, comme l’incubation d’une larve, nous permettent de devenir autres, nous offrant une hallucinante poussée de croissance qui nous rend « plus grands » en septembre.
Il n’y a que les historiens et les comptables qui comptent les années à partir de janvier… Nous, dans notre cœur, à sa subite accélération, aux perspectives neuves qui s’annoncent, nous ne ressentons un changement qu’à l’automne.
Certes, les rentrées ne sont pas dépourvues d’illusions, telles ces horribles et intenables bonnes résolutions que nous prenons allongés sur les plages, chimères de régime, de sport, de leçons de danse ou de cours du soir. En quelques jours, ces vœux pieux – ou plutôt ces vœux formulés dans un pieux – s’évanouiront pour laisser place à l’essentiel, les rencontres, les nouveautés, les projets repris avec une énergie reconstituée.
Je me suis dessiné un calendrier singulier, un calendrier où chaque mois reçoit le nom d’une vertu philosophique car les qualités de l’âme aussi ont leur période, leur histoire, leur météorologie, leur almanach : septembre s’y appelle l’optimisme… »

Alors en septembre pour mon petit bonhomme je serais optimiste ! C’est pourquoi je me prépare avec lui avec des livres, des pragmatiques, des documentés,des précis, des efficaces et puis d’autres infiniment poétiques.

C’est le cas de Ma Petite rentrée d’Annette Tamarkin offert à mon Petit-Pilote pour son mois-siversaire du mois d’aôut.

Cet album au format un peu étrange, voire disproportionné a tout de suite attiré mon attention l’année dernière lors de sa parution et tout de suite je me suis dit que je l’offrirai à mon petit bonhomme pour sa première rentrée. Parce que rien que la couverture, belle et pétillante, colorée, vitaminée était comme un miroir à tendre à mon cadet !

En jouant sur le principe des flaps qu’elle utilise dans la plupart de ses albums, Annette Tamarkin parcourt les activités propres au petit élève de maternelle à travers ce petit matériel qui va intégrer ses journées : le crayon bleu, le cartable rouge, le pinceau vert; les pastilles de peinture, tout y est, et on peut tout toucher à pleine main ! En effet en ouvrant le crayon bleu, on peut jouer à dessiner du bout des doigts des lignes et des courbes, on ouvre son cartable pour un petit jeu de mémo, avec l’immense pinceau vert on nomme les couleurs et on découvre ce qui se glisse sous chaque pastille de peinture, on compte les coccinelles cachées sous la tulipe ou le poisson, on apprend à se repérer dans l’espace, et on compte sur les doigts de la main en les repliant un à un contre la paume. Autant d’activités graphiques, langagières, artistiques ou mathématiques qui seront celle du petit élève de maternelle qui les découvre ici en manipulant de ses 10 doigts ce beau papier épais propre aux livres de l’artiste publié chez les Grandes personnes, cette maison d’édition qui décidément a tout compris du désir de l’enfant de vivre pleinement jusque dans ses lectures !

Cher lecteur, avec Mari Montessori, ne devrions nous pas scander chaque jour de rentrée à tous ceux qui s’occupent d’éducation : « libérez le potentiel de l’enfant, et vous transformerez le monde avec lui » ?

Je voudrais faire le pari avec toi, cher lecteur, que la petite rentrée de mon tout-petit soit le début d’une grande aventure.

Ada, collectionneuse-d’optimisme

 

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