Cher toi-qui-aimes-les-livres-pour-enfants,

Nous avons découvert au mois de Décembre, mois où la nuit grappille sur le jour de manière particulièrement indécente, un magnifique album de l’auteure Akiko Miyakoshi : Quand il fait nuit.

La couverture de ce livre, déjà, c’est toute une ambiance. Une ambiance que j’affectionne tout particulièrement : la ville, la nuit.

Et au creux du noir, ces trouées de lumière.

Des fenêtres.

Des vies qui s’écrivent derrière les vitres.

 

Et puis au cœur de cette rue, déserte, une mère qui porte son enfant dans ses bras.

img_03171.jpg

 

On ouvre le livre, et on aperçoit une portion d’immeuble qui se dessine, un mur constellé de fenêtres doucement éclairées et des personnes qui se devinent dans la lumière. Commence alors la déambulation de cette mère et de son petit lapin à travers la ville. Les angles de vue changent à chaque page, les cadrages varient également au fil de la marche et l’enfant observe. Les sons, les odeurs qui s’échappent des maisons que leurs habitants ont regagné à la nuit tombée.

Le petit lapin qui a enfin regagné son lit, bordé par son papa,  invente alors la fin de l’histoire de toutes ces vies croisées. Et pour accompagner la narration, le cadrage a complètement changé : on quitte les illustrations pleine page pour rétrécir le cadre et laisser de grandes marges blanches autour de ces vignettes qui nous racontent des bribes de vies, des bribes de fin de journée. Des journées ordinaires. Et parfois extraordinaires.

C’est un album qui invite à la rêverie en explorant cet entre deux, cet état limite, frontière inénarrable entre le jour et la nuit : on pousse les portes d’un monde merveilleux peuplés d’animaux anthropomorphes. Et l’imaginaire peut alors se nourrir du réel pour fantasmer d’autres vies que la nôtre.

C’est un album qui explore le noir et la lumière de manière intense, un album particulièrement cinématographique dans le choix des cadrages, dans le jeu de cadre dans le cadre que l’on retrouve presque à chaque page. C’est un album à la fois dynamique et statique grâce au ballet des personnages qui tournoient de page en page.

Et puis c’est un album atemporel : le temps y est étiré, riche de possibilités, magnifié pour s’engouffrer sereinement dans le sommeil.

Cher toi-qui-aimes-les-livres-pour-enfants, cet album là est une précieuse lecture à savourer dans le silence de la nuit qui tombe.

Ada, la collectionneuse d’ombres chinoises.

PS : si tu aimes les jeux d’ombre, cher toi-qui-aimes-les-livres-pour-enfants, j’ai découvert cette entreprise qui fabrique des castelets, des marionnettes, des projecteurs et autres accessoires pour explorer le noir de manière sensorielle avec les enfants autour de vous : http://www.cocodenhaut.com/

Advertisements