Cher-toi-qui-aimes-les-livres-pour-la-jeunesse-et-les-chefs-d’oeuvre-tout-simplement,

admire cette couverture, la lumière qui filtre à travers l’immense verrière, le cadre travaillé qui surplombe le siège de velours vert sur lequel trônent deux magnifiques petites filles au regard sombre comme la nuit, aux chevelures obscures, aux robes éclatantes, aux pantys délicats, aux cols de dentelles, admire, cher lecteur, et imagine…

passion et patienceJ’ai toujours été fascinée par les jumelles, par cette sororité si particulière qui unit deux êtres jusqu’à leur visage en miroir. Alors quand j’ai découvert ce long livre à la couverture si élégante présentant le portrait en pied de deux sœurs jumelles vêtues avec goût dans une ambiance XIXe siècle, j’ai eu un véritable coup de foudre. Et c’est sans parler de ce titre qui joue avec tant de subtilité sur une double allitération en [p] et en [s] tout en mettant en scène deux sentiments souvent dissociés : la passion tourbillonnante et la patience sereine.

En ouvrant cet album je suis allée de surprise en surprise car non seulement Rémi Courgeon a un dessin d’une vitalité exceptionnelle et ses couleurs sont d’une grâce qui m’a enchantée, mais en plus son texte est d’une infinie richesse, sans parler de la structure de son récit vraiment habile. On y découvre non seulement une histoire de sœurs mais surtout une histoire d’amitié entre les jumelles et un jeune garçon nommé Gus. Et nous suivons cette amitié véritablement extraordinaire au fil des ans, de l’enfance à l’adolescence, jusqu’à l’âge adulte.

Je ne révélerai pas la chute de l’album qui lui donne une portée allégorique indéniable ni l’identité complète des personnages car ce sont des ressorts précieux du plaisir de lecture de cet album, mais je soulignerai simplement l’intelligence de ce conte moderne qui traite avec beaucoup de subtilité du masculin et du féminin, du temps qui passe et qui donne à nos projets les plus ambitieux leur véritable force, de ce qui nous habite, de la force qui nous fait vibrer  et s’enracine si profondément et puissamment dans notre enfance.

Cet album là est pour moi un véritable conte philosophique comme il est si précieux d’en offrir aux enfants dès le plus jeune âge.

Spéciale dédicace à mes jujux préférées 😉

Ada, collectionneuse d’histoires de sœurs !

PS : Cher lecteur si tu aimes Rémi Courgeon, découvre aussi le superbe et percutant Brindille et n’hésite pas à lire une lecture commune de l’album J’aime pas les clowns écrite à 6 mains à l’ombre du grand arbre.

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